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Mémento par KompleXKapharnaüM

Vendredi 24 et samedi 25 septembre à 21h
Capdenac-Gare (12), Rdv devant l’Office de tourisme, place du 14 juillet

Vendredi 24 septembre à 21h > Face A
Samedi 25 septembre à 21h > Face B

Déambulation picturale et sonore
Tous publics, à partir de 8 ans - Durée 1h40

Gratuit


Alors que les murs se parent de plus en plus de messages publicitaires standardisés, le spectacle Mémento propose une prise de parole dans la ville, selon la tradition de la peinture muraliste. Ici, il ne s’agit pas d’inscrire un message moraliste ou consensuel, mais de retrouver l’usage d’espaces publics pour interpeller, revendiquer et porter à la connaissance de chacun d’entres nous les messages de résistance d’hier et d’aujourd’hui. La résistance au travers de démarches collectives ou la résistance comme expression d’une singularité, c’est tout cela qu’embrasse Mémento.

Les dix vidéastes, plasticiens et musiciens de KompleXKapharnaüM vous plongeront au cœur d’une ville en ébullition et réaliseront en direct sur les murs de Capdenac, au cours de deux parcours déambulatoires distincts (Face A le premier soir et Face B le second soir), le croisement entre les paroles et les fresques. La conjugaison de collages, peintures, projections vidéo participent de la création d’une histoire commune qui s’exécute sous nos yeux, une fiction construite sur un socle documentaire. Mémento est une aventure essentielle, un projet « phare » de la saison à ne pas manquer.

Distribution :
Direction artistique de la compagnie : Pierre Duforeau et Stéphane Bonnard.
Direction artistique de Mémento : Pierre Duforeau.
Equipe documentaire : Manuel Blanc, Stéphane Bonnard, Nicolas Burlaud.
Avec :Jérôme Aubrun, Julien Diago, Marc-Antoine Granier, Mathieu Monnot, François Payrastre, Germain Prévost, Marcelo Valente.

Spectacle co-organisé avec les services culturels de Figeac-Communauté.

Spectacle accueilli avec le soutien du réseau en Rue libre Midi-Pyrénées.

Coproductions : Lieux publics, Centre national de création des arts de la rue, Les Ateliers Frappaz.
Aide à la création : Le Parapluie, Centre international de création artistique, Aurillac - Spedidam.
Avec le soutien de : L’Abattoir, Centre national des arts de la rue, Ville de Chalon-sur-Saône.

A propos de KompleXKapharnaüM :

KompleXKapharnaüM met en œuvre des créations artistiques en lien avec un territoire, une localité, un contexte. Ces interventions utilisent des médias divers, vidéo, son, collages, bricolages, scénographies urbaines et prennent place dans la ville et ses espaces urbains. La ville dans toutes ses composantes est matière à création.
KompleXKapharnaüM en explore les strates pour en percevoir la spécificité. Archives, documents iconographiques, entretiens, recueils de paroles, portraits sonores et vidéo constituent une matière documentaire sensible qui nourrit la création d’interventions urbaines artistiques. Celles-ci prennent place dans les rues, sur les places, sur les façades, dans les cours des immeubles… et proposent dans l’espace public un point de vue sur notre société. Entre fiction et documentaire, l’écriture de KompleXKapharnaüM est une lecture sensible de la ville.

Une rencontre qui a nourrit le projet Mémento :

Extrait d’un texte présentant la rencontre avec un résistant, Mr. Pestourie, qui a donné lieu à la création de la « plaque commémorative Roger Pestourie »

« Ce sont les gens de l’association Mémoires à Vaulx-en-Velin qui m’ont donné ses coordonnées. Je leur avais parlé du projet Mémento, de l’envie de prendre à rebours la période glorieuse de la Libération et de travailler sur les femmes tondues sans d’ailleurs trop savoir pourquoi. M. Pestourie habite à Bron dans une petite maison qui ressemble à un musée. Collection de toiles dédiées à sa femme. Il a encore sa carte au Parti Communiste et il était au cœur d’un réseau pendant la guerre. Il est habité par cette figure romantique du résistant. Il me montre des petits carnets imprimés de poèmes de Paul Eluard, de René Char, qu’il distribuait sous le manteau. On se salue, on s’assoit, je lui présente le projet et lui annonce frontalement l’intuition des femmes tondues sans trop savoir ce qu’il va en penser. Oui les femmes tondues, mais avant cela il y a autre chose qu’il me dit et il part dans un grand discours qui commence au début de la Résistance, il me parle de lui, de son engagement, je me dis que je suis à coté, que la question n’était pas claire, que c’est stupide de remuer ce genre de dégueulasseries avec les anciens, puis il me parle des femmes, de leur rôle dans la résistance et sans que je le vois venir arrive l’événement tragique de la libération : on a tondu des femmes, il s’emporte, ferme le poing, j’ai un frisson, il a fini, silence, soufflé que je suis. Il conforte ce que je pensais. La résistance est d’abord un écart à la norme. Alors à la Libération, quand tout le monde s’est déclaré maquisard, que la résistance est devenue la norme, on a tondu les femmes. Tondues non pas pour avoir couché avec l’ennemi - d’après les rares thèses produites sur le sujet, cela représenterait à peine la moitié des cas - tondues parce que les hommes avaient le regard bas et que certaines en ont profité pour s’émanciper un peu, ne plus avoir de compte à rendre. Tondre les femmes, c’est d’abord rappeler que le maître est de retour à la maison. »

Pour en savoir plus sur KompleXKapharnaüM : www.komplex-kapharnaum.net

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